Points de vue de créateurs et éditeurs

Patrick Sigwalt, Grand Prix du répertoire Sacem à l’export 2022

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#PrixSacem

Compositeur à succès, Patrick Sigwalt a composé plus de 400 œuvres pour le cinéma et la télévision parmi lesquelles les musiques originales de Drôle de Noël, Tristan et Iseut, Gigantosaurus (série française la plus exportée dans le monde en 2021), L’Atlantide ou encore Alvin et les Chipmunks, série grâce à laquelle il reçoit l’Ascap Screen Music Award 2020.

Que représente ce prix, pour vous ? 

C’est la première fois qu’un grand prix Sacem vient couronner la musique d’animation qui se place pourtant régulièrement dans le top 5 des succès français à l’international.

Je veux dire un grand merci au Conseil d’administration de la Sacem qui met ainsi en lumière la musique d’animation française, une musique longtemps sous-considérée face à celle de films et de séries en prise de vue réelle. Le rôle de la musique est fondamental pour l’animation et je suis heureux qu’elle soit ainsi reconnue. 

Qu’est-ce que cela vous fait de recevoir ce prix de la part de vos pairs ?

J’ai reçu des prix à l’étranger mais être reconnu dans son propre pays et par sa propre société de gestion collective a pour moi une saveur bien particulière.

Être ainsi honoré par ses pairs, des professionnels aguerris m’encourage à prendre encore plus de liberté et à écrire une musique toujours plus exigeante.              

Pourquoi est-il important de valoriser la création artistique ?

La création est la source, le moteur de la culture qui est l’expression de notre civilisation et de nos valeurs. 

Patrick Sigwalt

À l’heure où les technologies et les innovations s’accélèrent, où notre rapport aux biens culturels se modifie, nous devons faire en sorte que les métiers de la création restent des métiers. Nous devons inventer un nouveau partage de la valeur entre la création et la diffusion des œuvres. L’animation étant en pointe sur les nouveaux modes de production et de diffusion toujours plus immersifs et interactifs du Web3, la musique a, et aura encore davantage demain, un rôle essentiel à jouer.

Pourriez-vous nous raconter la première fois qu’une de vos œuvres s’est exportée ?

Un producteur français m’a demandé d’écrire la musique d’une série d’animation qu’il co-produisait avec un studio hollywoodien, il s’agissait d’Alvin et les Chipmunks.
Je connaissais son ambition donc je lui ai demandé si je pouvais enregistrer un orchestre et ayant travaillé aux États-Unis, je savais qu’une série européenne devait se plier aux codes sonores des productions américaines si nous voulions avoir une chance de réussite outre-Atlantique. La confiance de ce producteur nous a permis d’ajouter 4 saisons à la première et de nous hisser à la première place des séries diffusées aux États-Unis. Ce succès n’est, bien entendu, pas simplement dû à la musique mais à une exigence commune qui est la clef d’une réussite à l’export.

– Crédit photo : Marc Chesneau –

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