Points de vue de créateurs et éditeurs

Chloé, Grand Prix des musiques électroniques

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#PrixSacem

Chloé Thévenin est compositrice, productrice et DJ de musique électronique.
A ses débuts, trop peu de femmes avaient pris possession des platines et elle a été une des premières à le faire entendre lors de ses résidences aux soirées Panik à l’Elysée, au Pulp, au Batofar ou encore au Wmf à Berlin, désormais, au Rex Club.

Que représente ce prix, pour vous ?

Je suis honorée et flattée de recevoir ce prix de la part de la Sacem.
J’ai commencé à une époque où cette musique n’était pas comprise, c’est une véritable reconnaissance. La Sacem protège et gère les œuvres des créateurs et éditeurs de musique, les soutient mais aussi accompagne les projets de bandes originales de films. Autant dire que c’est un partenaire qui m’a accompagnée à différents niveaux dans mon travail depuis plus de 20 ans, c’est-à-dire depuis que j’ai commencé à composer de la musique électronique.

Comment créez-vous votre son et votre musique ?

Je travaille en confrontant les possibilités techniques et technologiques avec les compositions. Par moment je définis un cadre, des instruments, des outils qui vont me permettre d’assembler et créer des sons.

Tout dépend aussi du projet : si c’est une compo pour une collaboration sur un film, sur un album d’un autre artiste, un spectacle de danse, un remix, un morceau d’album perso ou encore un morceau club…

J’ai quelques synthétiseurs analogiques, des boîtes à rythmes, des outils qui transforment des sons, chacun avec leur singularité, je tente de mélanger toutes ces textures en cherchant un genre d’équilibre entre harmonie et disharmonie.

Il y a plein de façons de faire de la musique électronique, c’est ce qui crée sa richesse et son éclectisme.

Chloé

Elle s’est parfaitement intégrée aujourd’hui dans le paysage des styles musicaux. Cependant j’aime quand elle crée du désordre, celle que je fais est dans l’évitement permanent de rentrer dans une case précise, c’est une musique qui est en perpétuel mouvement.

Qu’est-ce qui vous inspire ?

Il n’y a pas vraiment de règles pour commencer à créer un morceau, l’inspiration me vient surtout de l’intuition, par ricochet d’un lendemain de soirée, d’un livre, un tableau, marcher dans la montagne, une image, un film, des sons créés accidentellement ou d’un nouveau synthétiseur… Tout ça me provoque et me remplit.

Quelle est votre définition de la création ?

La création c’est partager quelque chose de puissant, c’est créer des mondes, des univers, les assembler et créer une émotion. Créer donne une autre dimension à une intériorité, je cherche à raconter des histoires à ma façon en créant des images sonores.

Quel regard portez-vous sur la musique électronique aujourd’hui ?

La musique électronique a un champ très vaste qui a commencé dans les années 50 avec la fabrication des bruits et la musique concrète puis elle a longtemps été dans les clubs undergrounds, associée à la communauté gay et les raves. Elle avait une dimension politique forte qu’elle n’a plus aujourd’hui. Cependant il est important que le clubbing garde sa dynamique collective en continuant à être inclusif, en préservant des safe place pour les communautés LGBTQI+ et en restant un espace de tolérance et d’ouverture.
Il existe aujourd’hui un véritable rapport de cousinage entre les musiques savantes et la musique électronique d’aujourd’hui qu’on retrouve essentiellement dans la techno, les expérimentations sonores et l’ambient. Aujourd’hui il n’y a plus vraiment de règles, les sons se sont déployés en de véritables compositions faisant émerger de nombreuses compositrices et compositeurs.

– Crédit photo : Alexandre Guirkinger –

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