Points de vue de créateurs et éditeurs

Zaho de Sagazan

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« Le live a eu une place fondamentale dans mon parcours »

Depuis un an, tout va très vite pour Zaho de Sagazan : prix Chorus, grande scène des Francofolies, première partie de Juliette Armanet, un Trianon en solo, elle est également en lice pour le prix Joséphine des artistes… Et ça n’est qu’un court aperçu des multiples événements qui ont jalonné l’année qui vient de passer. Après la sortie de son premier album La Symphonie des éclairs, en avril dernier, elle revient sur les grandes étapes de son parcours d’artiste émergente.

Pouvez-vous retracer en quelques mots le parcours qui précède cette année exceptionnelle ?

D’abord, il y a la découverte du piano, quand j’ai environ 13 ans. Tout de suite, je comprends que c’est quelque chose qui sera très important dans ma vie. Ça devient vraiment une obsession quand je suis en terminale, et je me rends compte que pour être heureuse, je dois en faire mon métier. Après, c’est une succession de rencontres : Tom Geffray et les copains de Fyrs, mon premier projet, Lucie Guilloux, qui était au lycée avec moi, qui est devenue ma manageuse et avec qui on a monté le label Disparate, Pierre Guillaume, Wart, mon tourneur, et puis la signature avec l’éditeur Warner Chappell… Tous ces gens qui m’ont permis de faire advenir mon projet.

Vous avez fait plusieurs premières parties d’artistes confirmés, qu’est-ce que ça représente quand on est émergent ?

C’est à la fois un coup de pouce et une forme de validation. La première partie de Rebeka Warrior, par exemple, a fait partie des moments importants. Je la voyais comme un exemple : elle est nazairienne comme moi, c’est une artiste que j’admire. Pour moi c’était la « queen ». Alors quand elle me propose de faire sa première partie en octobre 2021, c’est une pression d’enfer mais une pression positive, qui pousse à bosser à fond. Et au final, un vrai coup de pouce pour avancer son projet.

C’est aussi une grande fierté d’être reconnue par des artistes confirmés. Et puis, au milieu d’un processus de création où on peut parfois perdre un peu le fil, faire des live de cette envergure, ça te rappelle pourquoi tu fais ça.

Au-delà des premières parties, le live apparaît comme structurant dans votre parcours. Quel regard portez-vous sur la scène ?

La scène a eu une place fondamentale dans mon parcours. L’album n’aurait certainement pas été le même si je n’avais pas fait autant de dates sur scène. On a travaillé la prod pour la scène en premier lieu. Sans le live, il n’aurait pas été aussi électro : au fil des concerts, je me suis rendu compte que ce dont j’avais envie, c’était de faire danser les gens.

La scène permet d’affiner son projet, ses envies, de découvrir puis de tisser un lien avec le public, de construire un show… Lorsque l’on fait tout ça avant la sortie de son album, tout est bien plus naturel après.

C’est aussi grâce à ça que j’ai pu arrêter d’être auxiliaire de vie. J’avais déjà une petite communauté sur Instagram au début, le live a considérablement renforcé ce lien. C’est ce qui m’a ouvert les portes d’un univers plus professionnel, de signer avec mon éditeur, Warner Chappell, et de vivre uniquement de ma musique.

Vous avez participé à de nombreux dispositifs dédiés aux artistes émergents, que vous ont-ils apporté ?

Tous ont été des expériences extraordinaires. Participer à la création des Trans Musicales, par exemple, a été un moment hyper important dans ma carrière. C’est une vraie vitrine pour les médias, mais aussi un grand tremplin artistique.

J’ai adoré le chantier des Francofolies, où j’ai fait des rencontres très importantes. Des amis qui me sont devenus très chers, mais aussi des rencontres professionnelles marquantes qui m’ont énormément appris. Tous ces dispositifs sont hyper importants pour les artistes. Ce sont de vrais coups de pouce, artistiques, créatifs, mais aussi de visibilité. Jouer sur la grande scène des Francofolies ou aux Trans Musicales, c’est quand même une expérience incroyable !

Les institutions comme la Sacem ont aussi développé plein d’aides qui donnent aux jeunes artistes les moyens pour parvenir à se développer. Je ne peux que recommander à tous les jeunes artistes de participer à un maximum de ces dispositifs.

Vous parliez de l’impact des réseaux sociaux, quel rôle ont-ils joué dans la construction de votre parcours ?

Quand j’ai commencé à mettre des petites vidéos sur Instagram pour mes amis, je n’avais pas conscience de l’apport que ça aurait plus tard dans mon parcours.

D’abord, ça a vraiment été une vitrine de mon travail. C’est comme ça que Rebeka Warrior m’a repérée. C’est aussi via Instagram que j’ai rencontré Pierre Guillaume, le premier à m’avoir ouvert les portes d’un studio, grâce à qui j’ai pu avoir ce temps particulier de création pure, mais aussi Wart, mon tourneur… Instagram, ça a été mon CV en réalité.

Avoir cette petite communauté m’a également apporté de la confiance en moi, dans mon travail. C’est déjà un début de reconnaissance, un premier lien qui se tisse avec le public.

Et puis c’est aussi un espace où j’ai énormément expérimenté. « La symphonie des éclairs », par exemple, est une chanson que j’avais faite sur Insta et laissée de côté. Au fil du temps, plein de gens me demandaient de la reprendre. Je l’ai finalement terminée et c’est devenu le titre de mon album et l’une des chansons qui comptent le plus pour moi.

– Crédit photo : Emma Picq –

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